Coyotus Erudicus

Coyotus Erudicus

Les fabricants d'allumettes

L'allumette, un bout de bois sec trempé à son extrémité dans du soufre, est connue en Chine depuis l'Antiquité ; en Europe, ce procédé subsistera pendant tout le moyen âge.

Mais l'allumette chimique qui sert à produire du feu, et pas simplement à s'enflammer par contact avec un autre feu ne voit le jour que vers 1830.

En 1831, l'allumette phosphorique à friction est imaginée par le Français Charles Sauria et l'Autrichien Stephen Von Roemer.

Les tiges de bois sont enduites à une extrémité d'une pâte mélangeant, avec d'autres

produits, du phosphore blanc fabriqué industriellement à partir d'os calcinés, et du chlorate de potasse. Cette pâte chimique s'enflammait par frottement sur toute surface rugueuse, même du tissu.

Mais le phosphore blanc est trop facilement inflammable et dangereux pour l'utilisateur.

De plus, il est extrêmement toxique pour les ouvriers qui le fabriquent.

Ceux-ci sont victimes de nécroses osseuses qui leur rongent les tissus osseux de la mâchoire et du nez.

En 1844, Gustaf Erik Pash (ou le chimiste autrichien SCHROTTER selon les auteurs) imagine un autre type d'allumette, dite « de sûreté »

Il remplace le phosphore blanc par du phosphore rouge, moins nocif et plus stable.

Mais la grande innovation est l'œuvre du Suédois Johan Edvard Lundström, qui dissocie les composants et place le phosphore sur un frottoir séparé.

Jusqu'en 1870, la fabrication des allumettes est assurée par des centaines de petites usines employant nombre d'ouvriers manuels, en parallèle avec l'utilisation de quelques machines permettant même la fabrication des boîtes et le rangement des allumettes dans celles-ci.

Aujourd'hui, les allumettes sont fabriquées industriellement  (ainsi, l'usine française de Flam'up à Saintines fabrique 50 millions d'allumettes par jour…)

 

Le bois utilisé est le peuplier, arbre rapidement remplacé et repoussé.

Il est débité en billots d'environ 60 cm, et ensuite « déroulé » en feuilles de l'épaisseur d'une allumette.

Ces feuilles, empilées sont alors coupées en une fois pour former les diverses sortes d'allumettes, selon leur destination ( boîtes de ménage, de poche, décoratives, pour cheminées, etc… ).

Un traitement de plus d'une heure suivra sur un tapis transportant les allumettes dressées.

Elles seront ignifugées (pour arrêter de brûler dès qu'elles sont soufflées), étuvées, séchées, lissées, et paraffinées.

Une extrémité sera alors trempée dans un mélange de chlorate de potassium, de gélatine, de farine fossile, de catalyseurs, de pigments et de colorants.

Une fois sèches, elles seront mises en boîte par un emballeur automatique.

Il existe également de nombreuses sociétés commerciales fabriquant des boîtes d'allumettes publicitaires.

Ces fabricants se procurent les allumettes auprès des grandes sociétés présentes en France , Belgique ou Japon et habillent les boîtes en fonction de la demande.

 



09/02/2009
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