Coyotus Erudicus

Coyotus Erudicus

Le cloutier

Comme son nom l’indique, le cloutier est un fabricant de clous.

Le cloutier façonnait, jusqu’au début du 19ème siècle, toute une gamme de clous de formes et de destinations différentes : par exemple les clous à tapisserie appelés clous à broquette, les clous à charrette, les clous pour ferrer les bêtes, pour couvrir les maisons, les clous à souliers, clous de marine, etc…

On a retrouvé des traces de cloutiers datant du 13ème siècle.

Ces artisans se nommaient alors « feiseurs de claus pour atachier boucles, mordants et membres sur courroies », et leur activité se limitait à cette production.

En effet, au Moyen-Âge, les grands clous décorés, comme on en voit encore aujourd’hui sur les portes des châteaux, n’étaient pas fabriqués par les cloutiers, mais par les forgerons, les serruriers et les fondeurs de métaux.

 

Comme ceux-ci, le cloutier utilisait une forge pour chauffer le fer.

Il fabriquait la tige du clou en martelant une barre de métal (appelée verge) portée au rouge dans un foyer de charbon activé par un soufflet.

Ce soufflet était souvent actionné au moyen d’une roue mue par un chien.

L’outil principal était une enclume particulière, constituée de plusieurs éléments.

-         la lame, appelée la tranche, sur laquelle le fin barreau d’acier était sectionné.

-         La place, pièce sur laquelle le cloutier façonnait la jambe du clou.

-         Le pied, sur lequel s’emboîtaient les multiples cloutières destinées à façonner les têtes.
Chaque type de clou avait sa tête particulière.

Une fois le clou façonné et placé sur la tranche, un coup de marteau le sectionnait, après quoi l’artisan le plaçait dans la cloutière adéquate afin de forger la tête.

 

Un bon cloutier fabriquait, selon leur taille, entre cinquante et cent clous à l’heure

Peu de gens pratiquaient ce métier demandant 12 à 13 heures de travail par jour.

Une fois la commande préparée, le cloutier vendait sa production aux grossistes de l’époque.

Ceux-ci ne payaient les clous qu’un prix minime, et l’expression nous en est restée : « travailler pour des clous », c'est-à-dire travailler pour très petite rémunération.

Au 18ème siècle, les ateliers familiaux vont peu à peu disparaître, car remplacés par des usines mécanisées.

 

 



15/02/2009
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